Tout sur : "Le Miel"

La nourriture exclusive des abeilles Un délice bienfaisant pour l'homme
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Le Miel...

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Le miel et les Hommes vivent depuis très longtemps « main dans la main ». Produit à partir du nectar recueilli dans les fleurs, il était source d’immortalité dans l’Egypte antique, présentait une grande valeur religieuse durant l’Antiquité et reste important dans certains rituels de naissance et de mort en Afrique. Egalement, on le retrouve dans certains textes de la Bible ou du Coran qui le présentent comme un des symboles de la prospérité et de l’abondance. Des textes égyptiens vieux de plus de 2000 ans ou encore chinois faisaient mention de ses propriétés médicinales (soigne les blessures, affections du tube digestif, des reins, cicatrisant). Hippocrate et d’autres médecins de l’époque le recommandaient dans certaines pathologies, comme fortifiant de la vue et des organes sexuels, dans le traitement de la toux, des plaies, des angines…et ceci au fur à mesure des différentes époques traversées, que ce soit le Moyen-Age, la Renaissance… Sujet de plus de 2000 références bibliographiques, le miel a prouvé sa valeur thérapeutique. Du point de vue de la législation, le miel est défini comme « la denrée produite par les abeilles mellifiques à partir du nectar des fleurs ou de certaines sécrétions provenant de parties vivantes de plantes ou se trouvant sur elles, qu’elles butinent, transforment, combinent avec des matières propres, emmagasinent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche. Cette denrée peut-être fluide, épaisse ou cristallisée. » De plus, l’ajout de l’adjectif « pur » associé au mot « miel » est interdit car c’est un produit 100% naturel, sans additif alimentaire. Le nectar des plantes est une source d’énergie pour l’abeille car il contient principalement des sucres simples comme le saccharose, le glucose et le fructose mais aussi des vitamines, sels minéraux, enzymes, acides aminés, acides organiques ou encore des substances aromatiques. Le miel sert de réserve de nourriture pour la ruche en cas de pénurie de nectar et d’isolant climatique, en particulier l’hiver, pour notamment protéger le couvain central. 

Composition chimique :

La composition du miel est très complexe car il subit de nombreuses étapes et plusieurs facteurs rentrent en compte : transmission d’abeille en abeille, température et ventilation de la ruche, teneur en eau, enzymes de la butineuse, nature de la flore visitée, qualité du sol, état physiologique de la colonie, conditions météorologiques lors de la miellée.

 Teneur en sucre et en eau :

La teneur en eau se situe en moyenne entre 14 et 25%, la teneur optimale étant de 17-18%. Cette eau conditionne la qualité et la conservation de celui-ci (ne doit pas être trop liquide et empêcher la fermentation). La teneur en sucre se situe entre 95 et 99% de la matière sèche. Il existe ainsi une quinzaine de sucre différents, jamais présents tous à la fois. Les deux sucres principaux, des monosaccharides, sont le glucose (31% en moyenne) et le fructose ou lévulose (38%). La nature et la quantité de sucres dépendent des plantes butinées par l’abeille. Egalement, des études ont montré la présence d’amidon dans le pollen et dans le sédiment de miel. Le miel est doué d’un pouvoir sucrant supérieur au sucre blanc, tout en ayant un apport calorique moindre grâce à la présence de fructose et de glucose. Ainsi, 10 g de sucre correspondent à 7,5 g de miel soit 40 calories contre 22 pour le produit de la ruche.

 Autres constituants :

0,26% de protéines. On retrouve tous les acides aminés essentiels . Les lipides qui sont présents en de faibles quantités,  et serviraient au métabolisme de l’abeille et on en retrouve en grande quantité chez les larves. Les matières minérales ou cendres ne sont présentes qu’à un taux de 0,1% environ et jusqu’à 1% pour les miels de miellats, et on retrouve essentiellement du potassium ainsi que des sels de calcium, de sodium, de magnésium, de cuivre, de chlore, de manganèse et une trentaine d’oligo-éléments. Les taux dépendent des plantes visitées et des types de sols, les plus élevés se retrouvant surtout chez les miels poly-floraux : fer (callune, sapin), calcium (tournesol, colza)… Le miel est pauvre en vitamines : quasiment pas de vitamines A et D liposolubles et des traces de vitamine C mais on retrouve des vitamines du groupe B, B1, B2, B3, PP, B5, B6, apportées par les grains de pollen. Il contient également des pigments comme les caroténoïdes et les flavonoïdes, intéressants sur le plan nutritionnel, et des grains de pollens, signe d’un miel de qualité. Le miel contient des substances aromatiques qui lui donnent une senteur particulière et qui jouent un petit rôle dans ses vertus thérapeutiques. Une cinquantaine de ces substances ont été mises en évidence et permettent d’étudier leur origine, qui le plus souvent provient de la plante qui a fourni son nectar aux abeilles. Ce sont en général des mélanges de plusieurs dizaines de composés : Le miel contient également des substances antibiotiques naturelles appelées inhibines. On retrouvera aussi des bactériostatiques comme l’eau oxygénée et des résidus de médicaments, en tant qu’impuretés, comme le chloramphénicol, la tétracycline, le sulfatiazol servant à la base au traitement de la colonie peuvent être également présents. Il peut aussi contenir d’autres polluants comme le plomb ou le cadmium, mais heureusement présents en de très faibles quantités. En résumé, le miel est grâce à sa constitution un élément intéressant pour certaines applications, les substances qui le composent agissant en synergie et est d’autant plus impossible à réaliser artificiellement.

 Caractères physico-chimiques du miel :

Ces caractères sont importants pour bien différencier les miels les uns des autres mais également pour évaluer la qualité de ceux-ci. La viscosité : importante pour la production du miel, dans la sensation perçue par le palais. Elle dépend de la teneur en eau, de la température et de la composition chimique La coloration : constitue un critère de classification notamment d’un point de vue commercial. Plus il est clair, moins il est riche en minéraux et inversement. Il va du jaune très pâle au brun très foncé mais est le plus souvent blond La saveur : plus ou moins sucrée et aromatique, d’odeur variable La conductibilité thermique : elle permet de différencier les miels des miels de miellats mais en général, le miel n’est pas un bon conducteur Le degré d’hygroscopie : permet d’apprécier la conservation du miel Le pH : il est de 3.9 Le miel contient aussi de l’acide acétique, citrique, lactique, formique, succinique Il est soluble dans l’eau mais insoluble dans l’alcool, a une densité de 1,42 à 20°c et sa conductibilité électrique varie en fonction de ses teneurs en eau et en matières minérales

 Propriétés générales du miel :

Tout d’abord, le miel présente une innocuité absolue et une parfaite tolérance, même à doses très élevées. De plus, il peut prétendre à de nombreux avantages nutritionnels et énergétiques. Ainsi, il aurait une action dynamisante, apéritive, anti-oxydante , facilite l’assimilation d’autres aliments grâce à la présence d’enzymes (amylase…), exerce une action positive sur la croissance staturo-pondérale de l’enfant en bas-âge, améliore l’assimilation du calcium et du magnésium dans les os, a des actions antianémique (fer, vitamines B6 et B9), antiseptique, antitoxique, digestive (réduit l’acidité gastrique), béchique, émolliente, fébrifuge, laxative, cardio-protectrice (vitamines B6 et B9 préservant la fluidité sanguine), hépato-protectrice, sédative, cicatrisante, hypotensive.

 Action anti-bactérienne :

Elle aurait deux origines : l’eau oxygénée produite par l’abeille et les divers composés chimiques issus de la source florale. Elle peut être définie par quatre facteurs : - l’effet osmotique : le miel est hypertonique, ceci grâce à l’action de sucres simples sur l’eau contenue dans les bactéries, et provoque la lyse de la membrane bactérienne, une inhibition de la croissance et la mort du micro-organisme - le pH : le miel est acide, dû à l’action du système gluconolactone/acide gluconique et est actif contre les germes Escherichia coli, Salmonella, Pseudomonas aeruginosa, Streptococcus pyogenes, Corynebacterium diphtheriae, Bacillus cereus - le peroxyde d’hydrogène : il est très actif contre les bactéries et provient du système glucose oxydase/catalase - les facteurs non peroxydiques comme certains acides ou composés volatiles ainsi que des flavonoïdes et acides phénoliques transmis par la plante Une étude in-vitro réalisée sur une souche de Staphylococcus aureus a mis en évidence la variabilité de l’activité antibactérienne des miels, en fonction de leurs origines botaniques. D’autres études ont montré l’action de divers miels, sous différentes conditions (dilutions…) et sur plusieurs types de souches, confirmant l’action plus ou moins forte de ceux-ci, les Staphylocoques se montrant les plus sensibles et les Klebsiella les plus résistants. Ainsi, des concentrations minimales inhibitrices ont été mises en évidence pour chaque miel et il a été démontré que ce produit de la ruche conservait son activité antibactérienne deux mois à 14°c à l’abri de la lumière (le miel étant photosensible) et que l’ajout d’huiles essentielles renforçait cette action. De même, plusieurs études pratiquées sur différentes souches de streptocoques ont révélé que le miel était pauvre en saccharose, un des sucres les plus fermentescibles, souvent à l’origine des caries. Le miel, de faible adhérence sur les dents associé à ses caractéristiques hydrophiles tend ainsi à montrer que ce n’est pas un aliment aussi cariogène que l’on pourrait penser. D’autres études ont montré que les miels foncés des forêts de conifères présentaient une très forte activité antibactérienne comme les miels de Manuka (originaire de Nouvelle-Zélande) ou de Leptospermus folium (originaire d’Australie), ceux-ci montrant leur efficacité contre l’Helicobacter pylori impliqué dans l’ulcère de l’estomac.

 Action énergétique :

Apportant en moyenne 350 kcal pour 100g, le miel est très énergétique et apporte de nombreux nutriments essentiels. Il va par exemple être intéressant dans l’alimentation d’un sportif en améliorant l’endurance. De plus, c’est un très bon antifatigue, aide à lutter contre les agressions et est particulièrement indiqué en tant que complément alimentaire dans les carences nutritionnelles, apportant vitamines ou encore acides aminés.

 Action cicatrisante :

Grâce aux différentes investigations et pratiques opérées à Limoges ainsi qu’à Cuba et Cremona en Italie, le miel a démontré son activité cicatrisante et également ses propriétés nettoyantes, désinfectantes.

 Autres actions :

Outre son effet stimulateur du système immunitaire, le miel favorise l’assimilation du calcium et la rétention du magnésium ainsi que la digestion des aliments et reste beaucoup moins cariogène que le sucre classique.

 Rôle de vecteur :

Ainsi, grâce à sa pression osmotique favorable, le miel est un bon véhicule permettant d’améliorer l’assimilation par l’organisme d’autres composés comme par exemples les huiles essentielles ou la propolis. On va parler de propomiel quand le miel est mélangé avec des extraits hydro-alcooliques de propolis et d’aromiel dans le cas des huiles essentielles. Des phénomènes de synergie vont pouvoir être observés. Une augmentation des effets de ces produits ou bien une diminution de certains effets indésirables constatés (brûlures avec les extraits hydro-alcooliques de propolis ou côté hépatotoxique de certaines huiles essentielles) est ici caractéristique de ce type de phénomène.

 Mode d’emploi et posologie :

Pour le traitement des brûlures ou des plaies, le miel est utilisé de préférence sous forme liquide directement ou bien par le biais de compresses imbibées, ensuite recouvertes d’un pansement sec, et après nettoyage des lésions, ceci une à deux fois par jour. Par voie orale, la dose est variable d’une personne à l’autre et selon l’indication, mais se situe entre 30 et 40 g par jour correspondant à une cuillère à soupe environ. Chez le nourrisson et le jeune enfant, la dose varie de 5 à 15 g selon le poids et l’âge, soit une demi-cuillère à café à une cuillère à café bombée. Le miel peut être pris en remplacement du sucre traditionnel ou dissous dans une boisson chaude pour avoir un effet plutôt calmant (pas trop chaud pour ne pas détruire les principes actifs thermolabiles) ou à une boisson froide pour un effet plutôt énergisant. Il doit être consommé préférentiellement lors du petit déjeuner ou lors du goûter pour les enfants et doit remplacer le plus souvent possible l’usage du sucre blanc. Il peut être aussi utilisé sous forme de mellite, c’est à dire quatre parties de miel dissoutes dans une partie de liquide utilisé, dans le cas où l’on veut soigner un mal de gorge ou un aphte. Le miel choisit doit être clair et peu odorant. Par exemple, la mellite de rose rouge ou miel rosat, inscrite au Codex Alimentarius (1993), est utilisée associée sous forme de collutoire ou de gargarisme contre les maux de gorge ou pure dans le traitement des aphtes.

 Contre-indications et effets indésirables :

Seules les diabétiques, les personnes souffrant de lithiases urinaires oxaliques (présent dans le miel) ou d’hypertriglycéridémie importante doivent éviter le miel, les allergies restant assez rares. Toutefois, il peut être intégré à la ration alimentaire du diabétique mais dans le cadre strict de la ration de glucides permise et peut être utile en cas d’hypoglycémie lors de surdosage d’insuline par exemple. Des troubles gastriques peuvent apparaître en cas d’ingestion trop importante et trop rapide. Des cas de botulisme infantile, causé par Clostridium botulinum ont été rapportés mais restent heureusement sporadiques. Enfin, l’administration de miel à des nourrissons prête à controverse, celle-ci pouvant provoquer le développement d’hypersensibilités à certaines substances contenues dans celui-ci.

 Conservation du miel :

Pour une bonne conservation du miel, pendant de nombreux mois, il faut faire attention à 3 facteurs : l’humidité, la chaleur et la lumière. Si celui-ci est soumis à une température trop importante, il s’en suivra une dégradation des sucres, une perte d’arôme et une augmentation de l’acidité. Il faut faire attention au taux d’humidité, le miel étant très hygroscopique et éviter tout risque de cristallisation, en procédant à une pasteurisation par exemple. Ainsi, le miel doit être conservé aux alentours de 15°c à l’abri de la lumière, de l’air et de l’humidité et doit être préférentiellement consommé dans l’année qui suit sa récolte.

 Variétés de miels :

La majorité des miels viennent d’une flore bien diversifiée. Ainsi, il est fréquent que l’ensemble des abeilles d’une même ruche visitent plusieurs espèces végétales différentes fleurissant dans leur secteur de butinage. Il en résulte que les miels peuvent être définis comme poly-floraux ou uni-floraux. Toutefois, ces deux termes sont définis, associés à des facteurs physico-chimiques ou organoleptiques, suivant des coefficients polliniques mais qui sont aujourd’hui contestés par certains professionnels de l’apithérapie. Ainsi, certains miels comme le miel d’acacia avec les pays de l’est et le miel d’amandier avec les Baléares peuvent être associés à certaines régions. Il existe plusieurs sortes de miel en fonction de leur origine comme les miels d’abricotier, d’arbousier, de citronnier… Egalement, la teneur en saccharose est très élevée dans les miels de luzerne et de bruyère et presque nulle dans le miel de colza. Le miel peut avoir une origine florale mais aussi animale. Par exemple, la présence de mélézitose est caractéristique du miellat de mélèze, absente chez les miels de fleurs. Le miellat est une substance produite par certaines espèces d’insectes (cigales, pucerons ou encore cochenille) qui prélèvent la sève des tissus végétaux et la rejettent via l’anus après transformation dans le tube digestif, cette déjection étant butinée par l’abeille. On appellera ce miel un miel de miellat ou miel de forêt. On distingue également ce produit de la ruche en fonction de sa couleur : miels foncés et miels clairs. De plus, il existe des abeilles appelées Melipona, vivant dans certaines régions tropicales et subtropicales du globe (Amérique du sud…) et ne possédant pas de dard, qui fabrique un miel d’excellente qualité. Celle-ci serait due à la flore butinée et au fait que l’abeille injecterait de la gelée royale dans ce miel. Celui-ci, plus riche en eau oxygénée et en acides gluconiques est recommandé en médecine latino-américaine comme adjuvants des traitements de la cataracte, des infections oculaires, des plaies infectées, des maladies de la peau, des inflammations hémorroïdaires, de la perte précoce des dents et des infections de l’arbre respiratoire.

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 Note: Les textes suivants sont extraits de la thèse soutenue en 2010 pour le diplôme d’état de docteur en pharmacie de Monsieur Mickaël BLANC de l’université de Limoges sur les propriétés et usage médical des produits de la ruche.Merci pour son travail.

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Mots clés: miel

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